BILAN DE LA SEMAINE SUR LES THEMES DE L'ENFANCE

rencontres AMP août 2006 en Aveyron


On peut essayer d'analyser cette semaine comme cela:

  • place des enfants dans une conférence amp d'une semaine.
  • la thématique enfance en tant que telle
  • lien entre enfants et adultes pendant cette conférence.

Lecture du texte écrit début juillet pendant une réunion de préparation sur la thématique enfance pour savoir si nous avons réalisé ce que nous avions proposé et imaginé.

- je suis venu là plutot pour l'autre thème. Du fait de l'omniprésence de l'association "Les enfants d'abord", il y a eut beaucoup de boulets tirés sur l'école alors que l'école a aussi quelque chose de bien pour les mômes, surtout pour les familles modestes. Ce serait bien d'avoir un contrepoid Normal, vu que tous les enfants étaient tous descolarisé...[ceci est faux : il y avait des enfants scolarisés parmi nous!]; j'aurais voulu recevoir plus d'info sur l'éducation alternative.

- j'aurais bien aimé recevoir plus d'info sur l'éducation alternative, en particuliers sur les écoles comme Bonaventure ou Summerhill.

- contente d'avoir vu émerger la question des luttes dans ce domaine cette semaine, car ça ouvre de grandes perspectives pas du tout présentes dans le monde des adultes qui s'occupent d'enfants ; problème pour poser cette question, peut être est ce à cause du fait de parler des "droits des mineurs", car la majorité des gens ici sont "contre le droit", non ?

- peut etre trop de personnes représentantes du un-schooling, dommage de ne pas avoir parlé des parents en difficulté quand les enfants deviennent des enjeux, comment trouver des prises en charge collective. Les jeux de coopération et jeu de piste ont été des bons moments d'échange avec les enfants ; à part ça, manque de recul pour faire un bilan, proposition de garder contact avec quelques personnes et de voir comment on peut continuer: échanger des écrits, dans un premier temps. Questionner la question récurrente: comment ça se fait qu'on en soit à s'occuper des enfants, du statut de mineur, qu'ils ne puissent pas circuler librement? la question est : comment on fait avec les enfants ? l'autorité de l'adulte n'est pas questionné, le fait que quoiqu'il en soit, c'est l'adulte qui décide pour l'enfant, dans ce qu'il pense qui est bon pour lui. Cela rejoint la question de l'absence de lutte offensive dans ce domaine, il n'y a que des essais de pratiques alternatives.

- parallèle avec les mouvements féministes qui se sont focalisés sur l'acquisition des droits et se sont essoufflés quand ils ont acquis ces droits, en se rendant compte que tout restait à faire au niveau des comportements : héritage pour les luttes sur l'enfance, de ne pas se focaliser sur le droit mais directement sur les comportements. Ça a également à voir avec la forte présence de libertaires dans ce domaine qui refusent de reconnaître la légitimité des lois. Problème de manque d'histoire ou de conscience de l'histoire des luttes sur l'enfance, nécessité de faire exister cette mémoire commune.

- possibilité d'entendre dans les milieux anarchiste l'intérêt de faire bouger les lois sur le statut des mineurs, que cela peut faire évoluer le réel ; discussion sur l'intérêt de la lutte à ce niveau, exemple des luttes avec les sans papiers ; c'est sûrement possible comme perspective.

- envie de remettre en question le positionnement de protection, et comment cette protection justifie l'oppression.

- envie de discuter le fait de dire "l'enfant", "l'adulte"; parallèle avec l'emploi de "la femme" : il n'y a pas un seule type de femmes, ou d'enfants, c'est un vocabulaire enfermant : envie de réfléchir aux implicites de cette façon de dire.

- aborder la pédagogie institutionnelle, des choses intéressantes à prendre: par exemple, les référents enfants pour les enfants plus petits. La principale limite de cette expérience sont les limites personnelles des adultes qui ont monté la structure. Par rapport à l'idée de clivage, il faut que les adultes soient capables de s'appliquer à eux mêmes les cadres non autoritaires qui sont proposés aux enfants; surtout problèmes entre adultes...

- perspective proposée: que la place des enfants soit réfléchie dans les rassemblements, même si le thème de l'enfance n'est pas central dans ces prochaines rencontres. Cela rejoint les perspectives sur la non exclusivité parentale, de la vivre dans des moments collectifs.

- détails significatifs de la semaine: un dôme petit sombre et branlant pour les enfants et un grand lumineux solide pour les adultes, des toilettes sèches au vu de tous sans rideaux pour les enfants [qui avaient été fabriqués par des enfants...], et des plus à l'écart, avec rideaux pour les adultes, des plats à la cuisine trop hauts pour que les enfants puissent se servir... c'est peut être parce que ce sont toujours les mêmes qui portent les questions d'organisations; question de comment les préoccupations sont relayées et deviennent prise en charge collectivement et pas seulement par quelques personnes qui portent déjà tout le reste. C'est pas juste un problème d'organisation...

- le projet de construction collective d'un espace pour les enfants avec les enfants n'a pas eu lieu ; la personne qui devait s'en occuper voulait s'en occuper seule et finalement il n'a pas eu le plan de récupération de bois qu'il escomptait. Mais le groupe a accepté que ce projet soit portée par une seule personne... ça a été un problème que ça ne soit pas porté par un collectif, c'était une fragilité.

- il y a eu des enregistrements audio de discussion entre enfants mais on ne les a pas écouté...

- pour éviter les clivages adultes/enfants, peut-être est ce pertinent de ne pas chercher des réponses collectives, qui peuvent être des prise de pouvoir d'un groupe d'adulte sur les enfants.

- retour sur le spectacle: quand les enfants jetaient des pâtes sur les marionnettistes, les adultes qui voulaient continuer à voir le spectacle ne sont pas intervenus. Après coup, impression que les adultes qui voulaient intervenir n'ont pas osé, par peur de la pression sociale de ce moment "anti-autoritaire". A ce moment, les parents ont appelé leurs propres enfants et pas les autres : peur du jugement. Il ne faut pas oublier que les enfants sont dans le jeu et ont envie de rentrer en contact.

- cela témoigne d'un rapport plus large, pas seulement dans le cadre de spectacles ; les parents présents ne sont pas ou essaient de ne pas être autoritaires ; c'était une continuité dans les rapports enfants/parents ; je n'ai pas osé intervenir car j'aurais eu peur de la réaction des autres.

- d'où l'intérêt de réunions non mixtes parents/non parents pour aborder ces thèmes: par exemple, comment intervenir quand on est dérangé par les enfants des autres, ou comment se comporter avec des enfants de manière générale. Un exemple personnel : avant, j'avais le réflexe d'aller chercher les parents quand j'avais un problème, maintenant, je parle directement à l'enfant, et en ayant déconstruit ce qui me faisait me soumettre à la pression sociale et à l'exclusivité parentale.

- discussion sur les actions possibles: une action tract devant "Toys'us" puis moments de construction de jouets avec de la récup ouverts à tous ; rassembler et produire des textes...

- proposition d'action comme dans les supermarchés, dans les magasins de jouets. Remettre en cause l'imagerie sexiste dans les jouets, les jouets de guerre, etc.

- qui gardent les enfants à la maison pendant qu'on fait la révolution ? hein ?!